Santé & pharmacie

Mal des montagnes en Amérique latine : symptômes et prévention

Soroche, acclimatation, symptômes et équipement utile : ce qu’il faut savoir avant de monter en altitude dans les Andes.

Voyager en Amérique latine peut amener très vite en altitude, parfois sans même partir en trek. Bogotá, Quito, La Paz ou certaines étapes de l’Altiplano placent déjà l’organisme dans des conditions très différentes de celles du niveau de la mer.

Le mal aigu des montagnes, souvent appelé soroche dans les Andes, peut toucher n’importe quel voyageur. La condition physique ne protège pas : ce qui compte surtout est la vitesse à laquelle on monte et la capacité de l’organisme à s’acclimater.

En bref

Mal des montagnes : les points essentiels

  • Le risque apparaît surtout lorsqu’on monte rapidement sans laisser le temps au corps de s’adapter.
  • Maux de tête, fatigue, nausées ou vertiges font partie des symptômes courants à surveiller.
  • L’acclimatation progressive reste la principale prévention avant les altitudes les plus élevées.
  • Certains symptômes imposent de redescendre et de demander une aide médicale.
  • Un équipement adapté au froid, au soleil et aux variations météo améliore nettement le confort en altitude.

Pourquoi l’altitude provoque-t-elle le soroche ?

Plus on monte, plus la pression atmosphérique diminue. Chaque respiration apporte alors moins d’oxygène à l’organisme.

Le corps doit progressivement s’adapter à ces nouvelles conditions. Lorsque la montée est trop rapide, cette acclimatation peut ne pas suivre, ce qui favorise l’apparition des symptômes du mal aigu des montagnes.

L’altitude est particulièrement importante en Amérique du Sud, où certaines grandes villes se trouvent déjà à des niveaux auxquels un voyageur venant directement du niveau de la mer peut ressentir les effets du manque d’oxygène.

Destination Altitude approximative
San Pedro de Atacama 2 400 m
Bogotá 2 600 m
Quito 2 850 m
Sucre 2 800 m
La Paz Environ 3 600 m
Salar d’Uyuni Environ 3 650 m

Le problème n’est donc pas réservé aux alpinistes. Un simple vol vers La Paz peut faire passer un voyageur de quelques dizaines de mètres d’altitude à plusieurs milliers en quelques heures.

Quels sont les symptômes du mal des montagnes ?

Les premiers signes peuvent apparaître après une montée rapide en altitude. Le mal de tête est fréquent et peut s’accompagner de fatigue inhabituelle, nausées, vertiges, perte d’appétit ou troubles du sommeil.

Des symptômes légers ne doivent pas pour autant être ignorés. Ils indiquent que l’organisme n’a pas encore complètement assimilé le changement d’altitude.

Certains signes sont beaucoup plus préoccupants : difficulté importante à respirer au repos, confusion, troubles de l’équilibre ou aggravation rapide de l’état général.

Signal d’alerte

Certains symptômes imposent de redescendre

Une confusion, une difficulté à marcher normalement ou un essoufflement marqué au repos peuvent signaler une complication grave. Il ne faut pas continuer à monter : une descente et une prise en charge médicale peuvent devenir nécessaires.

L’acclimatation reste la meilleure prévention

La principale précaution consiste à laisser du temps au corps avant de poursuivre vers des altitudes plus élevées.

Lorsqu’un itinéraire le permet, mieux vaut donc éviter d’enchaîner immédiatement une activité physique intense après une arrivée en altitude. Les premiers jours peuvent être consacrés à des visites plus tranquilles avant de partir vers les hauts plateaux ou en randonnée.

Une hydratation normale et régulière, du repos et l’absence d’excès d’alcool facilitent également cette période d’adaptation. Il n’est en revanche pas nécessaire de se forcer à boire des quantités excessives d’eau.

Quel équipement prévoir en altitude ?

L’équipement ne prévient pas directement le mal des montagnes. Il évite en revanche d’ajouter froid, déshydratation, soleil intense ou inconfort à un organisme qui doit déjà s’adapter à l’altitude.

Équipement Pourquoi l’emporter ?
Gourde Garder de l’eau facilement accessible pendant les déplacements
Lunettes de soleil Limiter l’exposition à un rayonnement solaire plus intense en altitude
Protection solaire Protéger la peau lorsque l’exposition est importante
Couche chaude Faire face aux températures basses et aux fortes amplitudes thermiques
Coupe-vent ou veste imperméable Se protéger d’une météo qui peut changer rapidement
Petite trousse de secours Avoir les premiers soins à portée de main lorsqu’on s’éloigne des villes

Pour un trek ou une excursion réellement engagée en altitude, cette liste ne suffit évidemment plus. Le choix des couches, de la veste, des chaussures et du matériel dépend alors beaucoup davantage de l’activité.

Le guide Équipement pour un trek en altitude détaille cette partie.

Arriver directement à La Paz ou Quito

Toutes les ascensions ne peuvent pas être progressives. Un vol vers Quito ou La Paz peut provoquer un changement d’altitude brutal en quelques heures.

Dans ce cas, mieux vaut prévoir un début de séjour relativement tranquille plutôt que programmer une randonnée exigeante immédiatement après l’arrivée.

La réaction varie beaucoup d’une personne à l’autre. Avoir déjà bien supporté une altitude similaire lors d’un autre voyage ne garantit pas nécessairement la même réaction la fois suivante.

Diamox : pourquoi en parle-t-on souvent avant un voyage en altitude ?

L’acétazolamide, commercialisé notamment sous le nom de Diamox, peut être utilisé dans certaines situations pour aider à prévenir ou prendre en charge le mal aigu des montagnes.

Ce n’est cependant pas un médicament à ajouter automatiquement à sa trousse de voyage. Son intérêt dépend notamment de l’itinéraire, de la vitesse d’ascension, des antécédents médicaux et des autres traitements suivis.

Il existe également des contre-indications et des effets indésirables. La décision de l’utiliser et les modalités adaptées doivent donc être discutées avec un médecin ou un professionnel de santé avant le départ.

Pour préparer plus largement les médicaments et premiers secours à emporter, consulte Trousse à pharmacie de voyage : médicaments et premiers secours.

Et le maté de coca ?

Dans plusieurs régions andines, notamment en Bolivie et au Pérou, les feuilles de coca sont traditionnellement consommées sous forme d’infusion ou mâchées.

Elles font partie des pratiques locales associées à l’altitude, mais elles ne remplacent ni l’acclimatation ni une prise en charge médicale lorsque les symptômes deviennent préoccupants.

Il faut également tenir compte de la réglementation : transporter des feuilles de coca d’un pays à l’autre peut être interdit.

Mal des montagnes : l’essentiel à retenir

Le meilleur moyen de limiter les problèmes liés à l’altitude reste de monter progressivement lorsque l’itinéraire le permet et de laisser le corps s’acclimater.

Pour le voyageur, la préparation passe aussi par un équipement simple mais adapté : eau accessible, protection contre le soleil, vêtements suffisamment chauds et matériel correspondant aux activités prévues. L’équipement améliore le confort ; il ne doit jamais servir à masquer des symptômes qui nécessitent de ralentir, de redescendre ou de consulter.

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